Vendredi 8 mai, Amman, Jordanie

Vendredi, mai 8th, 2009

L’amour qui sauve

Dans la vieille ville d'Amman, ruines romaines, chrétiennes et musulmanes mêlées

Dans la vieille ville d'Amman, ruines romaines, chrétiennes et musulmanes mêlées (A. d'A.)

 

 

 

 

 

 

Une « visite historique ». C’est ainsi que la presse jordanienne – de langue arabe ou anglophone – qualifiait ce matin, avec une belle unanimité, la venue du pape Benoît XVI prévue en début d’après-midi. Pour lors, en ce vendredi ensoleillé, jour de prières pour les musulmans, la capitale Amman prend son temps avant de se rendre à la mosquée comme il est demandé à tout bon croyant. Dans les rues désertées, le flâneur découvre alors, agréable surprise, les charmes insoupçonnés d’une cité d’ordinaire saturée des bruits de la circulation. Un silence dont il faut profiter en se rendant à la citadelle plantée sur l’une des sept collines – djebel, en arabe – sur lesquelles s’est bâtie l’antique cité de Rabba des Ammonites, peuple dont elle tire son nom actuel.

 

Là, sur ce promontoire qui domine les quartiers Est de la vieille ville, l’histoire semble arrêtée. Ou peut-être ne fait-elle que passer comme en témoignent les vestiges mêlés des occupations successives : romaine, avec les imposants restes du temple de Neptune, chrétienne qui bâtit la majestueuse basilique byzantine transformée plus tard, sous les Ommeyades, en mosquée, et aujourd’hui superbe ruine. En contrebas de la colline, la mosquée Hussein, toujours en activité elle, s’apprête à accueillir les fidèles pour le traditionnel prêche de l’imam. Aux abords de l’édifice, il se murmure que celui-ci devrait évoquer la venue du « Baba », le chef des chrétiens.

 

JORDAN-POPE

Le roi Abadallah II et de son épouse, la reine Rania, accueillent le pape à l'aéroport (AFP/PATRICK BAZ)

Comme indiqué  sur le programme réglé à la minute près,  le vol Alitilia AZ4000 s’est posé à 14 h 30, heure locale, sur l’aéroport Reine Alia d’Amman. Et ceux qui, après l’épisode de la petite phrase sur le préservatif prononcée, en avril dernier, lors du précédent voyage pontifical en Afrique, guettaient une nouvelle polémique à la descente d’avion, en auront été pour leur frais. A bord, Benoît XVI a certes accepté de répondre, durant une dizaine de minutes, aux questions des journalistes accrédités qui l’accompagnent – quelque 70 personnes au total –  , mais s’en est tenu avec prudence à des considérations générales (entretiens avec les journalistes : le texte en italien). D’abord sur son espérance de voir l’Eglise catholique jouer un rôle, comme force spirituelle, dans le processus de paix au Proche-Orient. Puis en insistant, de manière plus originale, sur la nécessité de développer un dialogue interreligieux tripartite entre juifs, chrétiens et musulmans.

 

C’est à ces derniers qu’il destinera l’essentiel de son premier discours prononcé lors de la cérémonie de bienvenue à l’aéroport international en présence du roi Abadallah II et de son épouse, la reine Rania, ainsi que des nombreux officiels venus l’accueillir (lire l'intégralité du discours : source La Croix). « Ma visite en Jordanie me donne l’heureuse occasion de dire mon profond respect pour la communauté musulmane », lance-t-il ainsi à l’assemblée, non sans avoir rappelé, au préalable, son attachement à la liberté religieuse considérée comme un « droit humain fondamental et inaliénable ». Dans un hommage appuyé à l’actuel souverain jordanien, et à son père et prédécesseur, le roi Hussein, dont il a salué la politique d’ouverture, le pape a prôné une « alliance des civilisations entre l’Occident et le monde musulman », invitant à promouvoir les valeurs de paix et de justice et à mettre en échec ceux qui, au contraire, considèrent « inévitables la violence et les conflits », en particulier tous les « extrémistes ». Rappelant les avancées obtenues à l’automne dernier, lors de la tenue du Forum catholico-musulman à Rome, Benoît XVI a enfin invité les deux traditions religieuses à approfondir le nécessaire dialogue à partir du « rôle central du commandement de l’amour » qui leur est commun.

 

Le pape Benoît XVI salue les enfants du roi et de la reine de Jordanie, à son arrivée au Palais royal à Amman. (AFP /ALBERTO PIZZOLI)

Le pape Benoît XVI salue les enfants du roi et de la reine de Jordanie, à son arrivée au Palais royal à Amman. (AFP /ALBERTO PIZZOLI)

 

 

 

 

 

 

L’amour qui sauve (Jean 12, 32) : c’est la parole forte que l’on retiendra de la seconde visite en terre jordanienne, intervenue en milieu d’après-midi. Lieu du rendez-vous : le centre Regina Pacis, à une vingtaine de kilomètres de la capitale. Une campagne de collines où l’olivier dispute sa place au rocher, endroit rêvé pour bâtir ce lieu d’accueil, de soins et d’insertion sociale destiné aux personnes handicapées fondé en avril 2004 par le patriarcat latin de Jérusalem et placé, depuis, sous l’autorité du dynamique vicaire du patriarcat d’Amman, Mgr Salim Sayegh.

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Notre-Dame de la paix : pouvait-on choisir plus belle figure tutélaire pour ce voyage ? Et comment mieux commencer ce pèlerinage que dans la rencontre avec ceux « marqués par la souffrance ou les épreuves » mais qui n’ont pas « renoncé à l’espérance ». Un symbole fort pour les quatre mille personnes réunies dans la cour du Centre Régina Pacis, venus de toute la Jordanie et au-delà, pour communier avec le pape dans la foi en « l’amour inconditionnel de Dieu, qui donne vie à chaque être humain, donne une dignité, un sens et un but à toute vie humaine » (lire lintégralité du discours. Source: la Croix). Une foule jeune, joyeuse et bien décidée à ne pas ménager sa voix pour dire son enthousiasme.

 

« Benedetto, benvenuto », scande ainsi, avec force, la petite troupe emmenée par le Père Fadi Tabet, venue en renfort du Liban voisin. Directeur de « La Voix de la charité », première radio chrétienne du Moyen-Orient, le Père Tabet est une figure locale sans équivalent. Cheveux mi-longs tirés en arrière, barbe soignée, costume noir cintré, ceinture de marque et escarpins lustrés, il aurait pu faire sans problème une carrière au cinéma. Il a choisi de parler aux jeunes de Jésus-Christ, à sa manière : en musique et sans complexe. Et à voir l’effet d’entraînement qu’il provoque chez les adolescents – et les adolescentes – on se dit que sa méthode et son habit peu orthodoxes ont finalement du bon.

 

L'arrivée au centre

 

 

 

Il est 15 h 31 et la température monte encore d’un cran quand se présente, enfin, le cortège officiel. Vibrant à l’unisson de la foule restée à l’extérieur, une grande clameur ponctuée de youyous s’élève de la chapelle quand Benoît fait son entrée. Il sourit, tend les bras, presse des mains, visiblement heureux de cette première vraie rencontre avec le peuple chrétien jordanien. Puis il s’agenouille devant l’autel et, instantanément, le silence se fait. « A la différence des pèlerins du passé, je ne viens pas avec des présents ou des offrandes. Je viens simplement avec une intention, une espérance : prier plus particulièrement pour le don précieux de l’unité et de la paix, très spécialement au Moyen Orient (…) Prier pour un paix durable qui naît de la justice, de l’intégrité et de la compassion, la paix qui surgit de l’humilité, du pardon et du désir profond de vivre en harmonie les uns avec les autres », dira-t-il plus tard avant d’entonner, avec l’assemblée, le Notre Père chanté en arabe.

 

Au Centre

Paroles exigeantes que celles de ce Pape qui annonce d’emblée qu’il vient, les mains vides, nous inviter à croire en cet « amour sauveur » qu’évoque l’Evangéliste Jean. Auront-elle été entendues ? L’heure n’est pas encore aux questions, mais à la fête et à la joie. Déjà, quelques-uns s’avancent vers le Saint-Père, les bras chargés de cadeaux. C’est d’abord deux jeunes trisomiques qui lui remettent un somptueux tabernacle d’argent et d’or orné d’un agneau. Puis deux scouts viennent poser sur les épaules du pape ce foulard de tête brodé rouge et blanc qui résume l’identité bédouine. Benoît XVI, tout sourire, ne paraît pas s’en effrayer. Le Saint-Père en keffieh : les journalistes tiennent leur cliché ! (voir photo)

 

La messe au Centre

 

 

 

Puis, c’est au tour de deux jeunes femmes en fauteuil roulant de se présenter. Parmi elles, May, 27 ans,  a rejoint le centre Regina Pacis depuis six mois. C’est ici qu’elle a découvert qu’elle n’était pas seulement handicapée, mais qu’elle avait aussi un talent pour la céramique, la mosaïque et les bijoux. Que derrière ce corps cabossé, il y avait une âme d’artiste. Au pape, May avoue qu’elle n’a pas su quoi dire. « J’ai juste pu embrasser sa main. » Ce qu’elle pense de cette rencontre, de ce voyage ? « Je suis heureuse. Que dire d’autre ? », réplique-t-elle simplement.

 

Dehors, les journalistes ont pris d’assaut les officiels, les gens importants, les experts. « Ce pèlerinage commence bien, mais la Jordanie est la partie la plus facile. C’est une fois passé le Jourdain, en Israël, que la politique va s’inviter dans le débat. Et là, le jeu sera plus compliqué » , lâche l’un d’eux aux micros tendus.  May, elle, est restée prier encore un moment dans la chapelle. « Pour dire merci à Dieu », lâche-t-elle.

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Lettres du Liban – 14 janvier 2009

Mercredi, janvier 14th, 2009

 Ce qui m’attire au Pays du Cèdre

balbontpar Luc Balbont

Dernier billet, derniers mots, demain je prends l’avion pour Paris. Vendredi, je retrouve le journal, les locaux de Bayard Presse, mes collègues, la France et ses problèmes politiques et sociaux.

Je reviendrai au Liban au printemps, cet été aussi et puis encore cet automne et cet hiver. Autant que je le pourrai. Depuis bientôt 20 ans, une partie de ma vie se passe ici. Pourquoi ? Qu’est-ce qui m’attire tant au Pays du Cèdre ? Au risque de vous paraître étrange, ce qui m’y fait revenir, c’est ce confessionnalisme, que pourtant j’exècre. 17 confessions se côtoient sur un territoire de 10.000 km 2 (la superficie d’un département français). 13 chrétiennes, 4 musulmanes, avec cette obsession d’y construire une citoyenneté commune. Jusqu’à présent, toutes les tentatives se sont soldées par des échecs. Depuis des siècles au Liban, chrétiens et musulmans s’affrontent régulièrement, s’ignorent au mieux. Et quand la mosquée et l’église ne guerroient plus l’une contre l’autre, ce sont les chrétiens qui se battent entre eux, ou les musulmans, (comme aujourd’hui les sunnites et les chiites) qui prennent le relais. Manipulations sataniques ? Humaines plus certainement ! Mais quelles sont ces mains qui, dans l’ombre, tirent les ficelles pour transformer les messages de paix des Livres saints et des prophètes en conflits meurtriers ? C’est toute l’histoire du monde et ses interrogations qui se répètent ici.

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En ce début de siècle, pour atténuer les effets des attentats du 11 septembre 2001, des guerres menées par l’Occident en Irak et en Afghanistan et du drame palestinien, les sages de ce monde appellent à un dialogue entre les cultures, les civilisations et les religions. Quel pays, mieux que le Liban, peut accueillir ces rendez-vous de l’humanité et contribuer à déjouer ce choc des civilisations que les augures du temps prophétisent ? Un espace d’autant plus propice, qu’Israël, Terre d’Abraham et des prophètes juifs, s’étend à la porte Sud. Pour moi, il est clair que ce n’est ni à la Mecque, ni au Vatican, encore moins à Pékin, à Moscou, à Bruxelles ou à Washington que se joue l’avenir de l’homme. Mais ici dans ce Liban qui me fascine.

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Lettres du Liban – 12 janvier 2009

Lundi, janvier 12th, 2009

Un musulman libanais écrit à son cousin juif

Déjà plus de 800 morts à Gaza, en majorité des civils, parmi eux des femmes et des enfants. Images de violence, de souffrance, surenchère de haine. Le climat est lourd au Proche-Orient. Parfois, surgit pourtant comme un miracle une bouffée de paix, une respiration d’espoir. Ce week-end, la presse libanaise publiait un long texte de Mohammad Nokkari (*), «lettre ouverte à mon  cousin juif».

Une page superbe à garder précieusement pour la lire et la relire quand le désespoir vous ronge, écrit par un musulman d’une grande culture religieuse, qui s’appuie sur des textes de la bible, qu’il connaît parfaitement.

«  Depuis  mon âge d’enfant, écrit M Nokkari en préambule, j’entends que tu es mon cousin, que ma langue arabe et ta langue hébraïque ont la même origine, que nous appartenons toi et moi à la même race sémitique » Suit un long plaidoyer pour le vivre ensemble « dans un pays que nous aimons tous, toi autant que moi »

« J’ai entendu, rappelle-t-il à son cousin juif, que ta grand-mère Sara –que j’honore et respecte- ne pouvant pas avoir d’enfant, parce que stérile et âgée. Ma grand-mère Agar, alors servante égyptienne, fut appelée à porter le premier fils d’Abraham ». Ce fils appelé Ismaël, Dieu en fit une nation, un peuple qui allait devenir musulman. Pourtant si le Dieu miséricordieux nous fit de la même famille, il faut que tu comprennes que « nous ne sommes plus les enfants de la servante et toi tu n’es pas l’enfant privilégié. »

En musulman croyant aux mêmes prophètes, Mohammad Nokkari respecte le peuple juif et demande la réciproque à son cousin, lui rappelant au passage que « lorsque sa communauté a été chassée d’Espagne, c’est dans les territoires de ses cousins arabes qu’il a trouvé refuge. » …  «  Mon cousin juif, conclut-il, réfléchis, ouvre-moi ton cœur et écoute moi, en poursuivant cette politique de haine, de destruction, de division, de démonstration de force, tu ne gagneras point. Il arrivera un jour que tes voisins seront plus forts…. Qui te viendra alors en aide et qui protégerait la vie sacrée de tes enfants, qui est aussi sacrée que la vie de nos propres enfants. »

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(*) Mohammad Nokkari est le directeur général de « Dar al-Fatwa » (l’instance suprême de la législation musulmane). Chef de cabinet du mufti de la République libanaise, il enseigne le droit public à l’université jésuite Saint Joseph de Beyrouth.

Lettres du Liban – 8 janvier 2009

Vendredi, janvier 9th, 2009

Ce Liban que j’aime

Salma a 32 ans, elle vient d’un village du sud Liban, elle est musulmane chiite. Historienne, elle enseigne l’histoire dans lycée international à Beyrouth. Salma ne porte pas de voile, et ne milite pas au Hezbollah. Son engagement se situe ailleurs. Elle croit en un Liban déconfessionnalisé et explique à ses élèves qu’un « laïc n’est pas un athée, mais une personne qui s’identifie avant tout comme un citoyen libanais, et non par sa religion. »

Ni chiite, ni sunnite, ni maronite, ni druzze, ni orthodoxe mais 100% libanais : c’est la devise de Michel, chrétien orthodoxe, 29 ans, talentueux journaliste à l’Orient-le-Jour, le seul quotidien francophone du Pays du Cèdre.

Emile, 35ans, chrétien maronite a épousé Fatima, 33ans, musulmane sunnite. Leurs parents ne s’y sont pas opposés, ce qui est rare dans un pays où les mariages  interconfessionnels se font  dans le déchirement des familles. Dans le couple, chacun a gardé sa foi. Fatima explique que « pour elle « servir son prochain sans arrière pensée est sa façon à elle de prier. Au Liban, déplore-t-elle trop de gens encore rejettent leurs voisins qui ne sont pas de la même religion. »

Walid, un Druzze de 22 ans, une confession sectaire chiite, réfléchit avec un groupe de jeunes libanais de toutes confessions et de toutes origines à la période de la guerre civile qui a déchiré son pays entre 1975 et 1980. «  A partir de documents et de témoignages, nous voulons comprendre pourquoi les Libanais se sont  battus entre eux. Nos parents nous affirment toujours que cette guerre était celle des autres, et qu’avant 1975, toutes les communautés religieuses vivaient entre elles sans problème. Ce n’est pas tout à fait juste, et nous voulons savoir ce qui s’est réellement passé, pour ne plus revivre ces tragédies causées ici régulièrement par le communautarisme.»

Ce Liban que j’aime porte les visages de Salma, Michel, Emile, Fatima et Walid. Le visage de cette nouvelle génération qui veut en finir avec le Liban de leurs aînés, celui des grands féodaux et des patriarches, du tribalisme et du religieux identitaire.

En 1997, le pape Jean-Paul II dans le discours qu’il avait prononcé à Beyrouth, lors de son voyage dans ce pays aux 17 confessions avait  parlé « du Liban comme d’un message» …. Un Etat qui porte un message au monde : A l’époque tous ici avaient été conquis. Les croyants bien sûr, mais également la gauche libanaise laïque. Enthousiastes, certains de ses dirigeants, je m’en souviens pour avoir suivi le périple papal, allaient même jusqu’à vouloir faire de l’exhortation apostolique de Jean-Paul II « une charte pour le Liban futur.» Chacun mettaient dans le mot de « message » ses rêves et ses espoirs. Pour ma part, derrière ce « Liban message », je voyais – et aujourd’hui encore – comme une invitation faites à tous de bâtir un Liban libanais, arabe et fier de l’être. Un Liban qui en finirait enfin du diktat imposé par les grandes familles féodales qui le dirigent depuis son indépendance. Ceux qui se comportent comme des chefs de clan, à la tête de véritables petits royaumes.
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Contrairement  à ces princes qui mettent leur pays en coupe, Salma, Michel, Emile, Fatima, Walid s’efforcent de construire ce Liban libanais. Comme Jean-Paul II, ils savent que sur ces 10.000 km 2 (la superficie de ce pays) se joue un enjeu mondial, celui de donner naissance à une citoyenneté faite des sensibilités religieuses différentes. Un Liban d’ouverture de dialogue et de tolérance qui deviendrait un exemple pour la terre entière. C’est ce Liban là que j’aime, celui de Jean-Paul II et de mes amis. C’est pour lui que j’ai appris l’arabe. C’est dans ce Liban là que j’ai envie de vivre.    

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lettres du Liban-24 décembre 2008

Jeudi, décembre 25th, 2008

                                                 » 17 religions, 17 Etats « … Les inquiétudes de Rim
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Rim, la cinquantaine joyeuse, tient une boutique de gâteaux orientaux et de boissons dans la rue principale de Batroun. Depuis des générations, sa famille fabrique et vend l'une des meilleures limonades du pays. Rim a tout pour être heureux : une femme charmante et trois enfants qui réussissent bien dans leurs études. Charly, son fils aîné, 21 ans, s'apprête a boucler ses valises pour soutenir une thèse en énergie nucléaire en France, au Centre d'études atomiques de Saclay,  s'il vous plaît ! La grande fierté de Rim. Et ce soir, tout son clan se réunira au village pour fêter Noël. Pourtant, quand je m'installe à sa terrasse ce matin pour boire le café turc, le bonhomme n'est pas dans son assiette. D'habitude si jovial, Rim fait grise mine.  » Je ne sais pas si Charly qui part en France bientôt, attaque-t-il, pourra revenir travailler au Liban un jour ! Ce pays n'a pas d'avenir… Nous nous battrons toujours… Nous avons 17 religions » déplore  Rim, avant de conclure : « 17 religions et autant d'Etats, avec pour chacun un pays extérieur qui le soutient. » Rim énumère:  » Les Maronites avec l'Occident, les orthodoxes penchent pour la Russie, les Sunnites avec l'Arabie saoudite, nos druzes marchent avec la Syrie et les chiites au sud sont les alliés de l'Iran… Comment veux-tu que l'on arrive a construire un Liban vraiment uni et indépendant !  »

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lettres du Liban, 23 d?cembre 2008

Mercredi, décembre 24th, 2008

Je vous ?cris de chez Tony

Depuis plus de 30 ans, le Liban renvoie au monde entier l’image de la violence. Les guerres entre les communaut?s religieuses, les attentats, les larmes et les deuils alimentent l’actualit? internationale. Qui donc parmi vous en France peut s’imaginer, qu’en cette veille de No?l, je vous ?cris d’un lieu de beaut? et de s?r?nit? ? Les pieds dans l’eau, face ? cette Mer M?diterrann?e, matrice de notre civilisation. Cet endroit idyllique a un nom: « chez Tony », un minuscule restaurant de bois et de paille, coinc? entre les rochers. De la terrasse, j’aper?ois la ville de Batroun, ancien port ph?nicien b?ti il y plus de 3 000 ans. Ici, ? 40 km au nord de Beyrouth, tout n’est?que paix et?harmonie. Le clocher de la cath?drale maronite San Stephano cohabite avec l’?glise Saint Georges o? prient les orthodoxes. Plus loin, la pr?sence d’un petite mosqu?e ne pose aucun probl?me. Les pierres sont souvent plus tol?rantes que les hommes. Batroun compte 40 000 habitants: 96% de chr?tiens, maronites en majorit?, pour seulement 4% de musulmans. Dans le vieux soukh, la foi s’exhibe. Dans les ruelles, les fa?ades des maisons s’ornent d’images de saints locaux, de croix et de statues de la Vierge Marie.?La vieille ville est une merveille de l’architecture arabe, une sorte de?J?rusalem ignor?e fort heureusement des guides de voyages, ce qui???vite les d?f?rlements?touristiques. Combien de temps encore Batroun restera pr?serv?e des affres du mercantilisme lib?ral ? Comme Beyrouth, la capitale du pays o? chaque nuit, les night-club du centre ville se remplissent d’?mirs du Golfe, venus s’encanailler avec des professionnelles du plaisir, d?barqu?es d’Ukraine ou de Bielo-Russie. Tout autour de Batroun, ?s’?l?vent les montagnes de l’arri?re pays. En cette p?riode, elles resplendissent de lumi?res. Etoiles et croix illumin?es signalent les nombreux?monast?res et les ?glises des villages environnants. A l’int?rieur des maisons, dans les jardins, les Batrounais rivalisent d’ing?niosit? pour construire leurs cr?ches. Cette ann?e encore, il seront des milliers d’?migr?s?? renter au pays, pour f?ter la naissance du Christ. Demain soir, des ?glises?bond?es monteront les chants.? Miracle de cette chr?tient? libanaise, qui malgr? les drames de l’histoire, la mont?e des?extr?mismes, l’immigration de ses fid?les maintient co?te que co?te ses traditions.?Bienfait d’une pr?sence qui garantit un pluralisme religieux, dans une r?gion et un environnement plus musulman que jamais.

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