Samedi 9 mai 2009, Amman, Jordanie

Samedi, mai 9th, 2009

De Moïse à Mahomet

pearly papule removal http://www.ppphomeremoval.com/ppp-home-removal-pearly-penile-papules-removal-natural-remedies/


Redonner à la religion sa vraie dimension, celle d’une foi librement consentie au service de Dieu et des hommes. Inviter chaque croyant, quelle que soit sa confession, à être un digne témoin d’amour, de vérité, de justice et de paix. Rechercher la communion tout en respectant les traditions spirituelles, liturgiques et culturelles qui marquent  nos différences. Telle est la gigantesque tâche que semble s’être fixé l’infatigable pèlerin Benoît XVI.

 

 

Au Mont Nébo (AFP/ALBERTO PIZZOLI)

Au Mont Nébo (AFP/ALBERTO PIZZOLI)

Pour décliner ces thèmes, il était juste de commencer cette seconde journée passée en Terre sainte par le Mont Nébo, la montagne d’où Moïse contempla la Terre promise sans pouvoir y entrer. « En ce temps là, Moïse monta des steppes de Moab au Mont Nébo, sur un sommet qui est en face de Jéricho. Le Seigneur lui fit voir tout le pays : Galaad jusqu’à Dane, tout Nephtali, le pays d’Ephraïm et de Manassé, tout le pays de Juda jusqu’à la Méditerranée, le Néguev, la plaine du Jourdain, la vallée de Jéricho, ville des palmiers, jusqu’à Soar. Le Seigneur lui dit : «Ce pays que tu vois, j’ai juré à Abraham, à Isaac et à Jacob de le donner à leur postérité. Je te le fais voir, mais tu n’y entreras pas. » Moïse, le serviteur du Seigneur, mourut là, au pays de Moab, selon la parole du Seigneur», est-il écrit dans le livre du Deutéronome (34, 1-5) (lire l'intégralité du discours. Source La-Croix.com).

 


Avec le P. Jose Rodriguez Carballo au Mont Nébo (Photo by Carsten Koall/Getty Images)

Avec le P. Jose Rodriguez Carballo au Mont Nébo (Photo by Carsten Koall/Getty Images)

 

Comme l’avait fait son prédécesseur Jean-Paul II au cours de son voyage en mars 2000, le successeur de Pierre s’est longuement attardé, ce samedi matin, 9 mai, vers 9 h 15, devant ce large panorama, depuis l’esplanade du sanctuaire qui domine de 800 mètres la vallée en contrebas. Recueilli au pied de la croix en forme de serpent d’airain (voir Nombre 21, 9), il devait, quelques instants plus tard, livrer la clé de sa pensée à une petite assemblée de prêtres, de religieux et de fidèles venus célébrer avec lui la liturgie de la Parole.

 

Au Mont Nébo (AFP/ALBERTO PIZZOLI)

Au Mont Nébo (AFP/ALBERTO PIZZOLI)

 

 

« La magnifique perspective qui s’ouvre à nous ici, nous invite à méditer cette vision prophétique qui embrassait mystérieusement le grand plan de salut que Dieu avait préparé pour son peuple. C’est en effet dans la vallée du Jourdain qui s’étend sous nos yeux que, à la plénitude des temps, Jean le Baptiste devait venir pour préparer la voie du Seigneur. C’est dans les eaux du Jourdain que Jésus, après son baptême par Jean, a été manifesté comme le Fils bien-aimé du Père et que, consacré par l’Esprit-Saint, il a inauguré son ministère public », a expliqué le pape en réponse aux mots de bienvenue prononcés par le Père José Rodriguez Caballo, Ministre général de l’Ordre des Franciscains, responsables du lieu saint. Symbole de l’unité profonde entre l’Ancien et le Nouveau Testament, le Mont Nébo nous « rappelle le lien inséparable qui unit l’Eglise et le peuple juif » et nous appelle à « un amour renouvelé pour dépasser tous les obstacles à la réconciliation des chrétiens et des juifs dans le respect mutuel et la coopération au service de la paix », a conclu Benoît XVI avant d’inviter chacun à la prière du Notre Père.

 

En coulisses, la papamobile a été avancée. Le temps est compté et il faut déjà passer de Moïse à Mahomet, avec, entre-temps, une halte dans la ville de Madaba où doit être bénie la première pierre d’une université catholique voulue par le patriarcat latin de Jérusalem (lire le discours à Mabada. Source : La-Coix.com). Une initiative qui n’a rien d’anecdotique, mais qui sera largement éclipsée par l’événement attendu de la journée, à savoir la visite, prévue en fin de matinée, de la mosquée Al Hussein Bin-Talal, à Amman, suivie d’une rencontre avec les principaux chefs religieux de l’islam en Jordanie.

 

Benoît XVI dans un lieu de prières musulman, ce n’est certes pas une première. Tout le monde garde en mémoire sa venue à la Mosquée bleue d’Istanbul, lors de son voyage en Turquie en novembre 2006. A l’époque, le pape avait même prié, pieds nus, tourné vers la Mecque. Un geste qui avait, certes, choqué la frange la plus traditionaliste des catholiques, mais qui avait grandement contribué à lever les malentendus avec le monde musulman quelques semaines après la polémique provoquée par le discours de Ratisbonne semblant assimiler islam et violence.

 

Avec le  Prince Ghazi bin Mohammed à la mosquée d'Amman (AFP/ALBERTO PIZZOLI)

Avec le Prince Ghazi bin Mohammed à la mosquée d'Amman (AFP/ALBERTO PIZZOLI)

 

A Amman, le pape ne s’est pas déchaussé, car ses hôtes ne le lui ont pas demandé. Et il n’a pas prié, mais s’est recueilli par respect pour ce lieu de foi, a précisé à une presse avide de détails croustillants le Père Federico Lombardi, porte-parole du Vatican. Reste le fond d’un dossier, sur lequel Benoît XVI a, une fois encore, réaffirmé sa détermination à promouvoir le dialogue interreligieux et interculturel avec l’islam comme une des priorités de son pontificat (lire le discours du pape. Source : La-Croix.com). A cet égard, sa venue en Jordanie ne doit rien au hasard. Dans un monde musulman en proie à bien des tensions, où l’islam radical fait figure d’épouvantail, parfois au risque de la caricature, le royaume hachémite est vu, depuis le Vatican, comme un exemple de modération et d’ouverture destiné à servir de modèle dans la région. Les autorités jordaniennes ont en effet multiplié les initiatives, ces derniers temps,  manifestant leur volonté d’être des partenaires privilégiés du nécessaire dialogue entre chrétiens et musulmans. Ainsi, en octobre 2007, le prince Ghazi, cousin et conseiller pour les affaires religieuses du roi Abdallah II, avait adressé, avec 137 autres personnalités du monde islamique, une lettre au pape intitulée « Une parole commune entre nous et vous ». Elle posait pour principe que le christianisme et l’islam partagaient les mêmes valeurs d’amour de Dieu et d’amour du prochain.

 

 

Avec le Prince Ghazi bin Mohammed à la mosquée d'Amman (AFP/ALBERTO PIZZOLI)

Avec le Prince Ghazi bin Mohammed à la mosquée d'Amman (AFP/ALBERTO PIZZOLI)

Ce même prince Ghazi, ce samedi 9 mai, s’est adressé au pape Benoît XVI pour le remercier de « ses gestes d’amitié et ses bonnes actions envers les musulmans ». Evoquant le Dieu « Très haut et miséricordieux », formule traditionnelle de l’islam pour désigner Allah, le pape a salué la « détermination des responsables civils et religieux jordaniens à s’assurer que le versant public de la religion reflète sa véritable nature », qui est de « rechercher ce qui est juste et vrai » au « service du bien commun ». S’inscrivant en faux contre ceux qui soutiennent que « la religion est nécessairement cause de division dans notre monde », le pape a souligné que « c’est souvent la manipulation idéologique de la religion, parfois à des fins politiques, qui est le véritable catalyseur des tensions et des divisions, et parfois des violences dans la société. » Aussi a-t-il invité « musulmans et chrétiens à être cohérents avec leurs principes et leurs croyances » en s’efforçant de défendre « la dignité de toute personne humaine ».

 

 

Si le discours fut très applaudi, il n’est pas sûr pour autant qu’il ait levé toutes les préventions. Au sortir de la mosquée, plusieurs hauts dignitaires musulmans ont fait savoir qu’ils auraient apprécié « un message plus direct et plus clair » après les propos de Ratisbonne jugés « insultants pour le prophète ». Une offense qui, visiblement, a du mal à passer. De Moïse à Mahomet, la route paraît bien longue pour le pèlerin Benoît XVI…

zp8497586rq