Lettres du Liban – 29 décembre 2008

LA PAIX DE NOTRE-DAME DE LA MER

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Dans les quartiers sud de Beyrouth, Hassan Nasrallah, le chef du hezbollah (le parti islamiste chiite libanais pro iranien) se lance dans un discours fleuve. Ils appellent tous les Etats arabes à  résister à Israël, et à soutenir les Palestiniens de Gaza, assiégés depuis deux jours. Paroles de violences où reviennent régulièrement les mots «martyrs», «sang», «humilié », «guerre».

Barbe grise, fines lunettes, turban noir, l’homme, auréolé du prestige de la « victoire de son armée » contre Israël en 2006, fascinent un grand nombre de Libanais, même chrétiens. Elie par exemple, un maronite quadragénaire, qui porte une croix sur sa chemise, m’assure que « le hezbollah a changé…. Qu’il est devenu un parti national, respectueux de la Constitution, prêt à défendre le territoire, même contre la Syrie et l’Iran.» Je reste sceptique. Et la vue de jeunes adolescents dans les rues, ceints d’un bandeau à la gloire de Dieu, portant le Coran dans une main et un fusil mitrailleur dans l’autre, ne me convainc pas de la conversion du Parti islamiste chiite libanais aux bienfaits de la démocratie.

La manifestation est terminée. Il est 17 heures. J’ai envie de retrouver un climat de paix. Ce pays où la violence peu éclater à tout moment, offre paradoxalement un nombre incroyable de lieux de recueillement, de silence et de prières. Petites églises arabes, monastères orthodoxes, ermitages, dissimulés dans les montagnes ou en bordure de Méditerranée comme Notre-Dame de la mer à Batroun, dont j’ai envie de vous parler. C’est une modeste chapelle de grosses pierres ocre, entourée d’une cour carrelée. Toujours ouverte, toujours fleurie et parfumée d’encens. A l’intérieur, au pied des portraits de saints brûlent des cierges en permanence. Parfois, une femme entre, elle embrasse le portrait de la Vierge à l’enfant, s’agenouille, prie et repart furtivement en se signant. Dehors, la cour fait face à la mer et surplombe un mur phénicien, vieux de près de 4000 ans. Nous sommes loin de la violence des manifestations de Beyrouth. Ici, on sent que la paix est peut-être possible. Et qu’il suffit d’un rien pour vivre enfin ensemble dans ce Proche-Orient tourmenté.

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30/12/2008

Une Réponse pour “Lettres du Liban – 29 décembre 2008”

  1. Redigé par Bruno:

    Salut mon cher Luc et merci pour ces chroniques du Liban.
    Face aux affrontements actuels, on ne sait pas si on est encore en droit d’espérer la paix pour le Proche-Orient. Il en va du miracle et donc de la prière.
    Assure tes amis de ma prière pour eux… et pour une paix durable dans leur pays.

    Bruno