# 11 du Liban : le dialogue chrétien-musulman ? A chacun sa définition !

Luc Balbont (à d.), de retour du Liban, avec Antoine d'Abbundo, chef du service Actu de Pèlerin

Luc Balbont (à d.), de retour du Liban, avec Antoine d'Abbundo, chef du service Actu de Pèlerin, devant les locaux de Bayard.

Un mois  de rencontres, d’interviews, de reportages autour du dialogue islamo-chrétien, dans ce Liban, seul pays arabe du Proche-Orient, où les chrétiens sont encore en nombre suffisant (40% de la population totale selon les estimations,  et sans doute  plus de 50% avec la diaspora) pour pouvoir dialoguer, et où ils exercent encore assez de pouvoir, pour qu’ils ne soient pas réduits, comme dans les pays voisins, à une minorité passive qui subit un diktat.

Un mois à demander obsessionnellement à chaque personne croisée, ce que signifiait pour elle le dialogue avec l’autre, et si ce dernier était possible entre l’Eglise et la Mosquée. Les réponses montrent que si tous mes interlocuteurs plébiscitent le dialogue et militent pour un « vivre ensemble », chacun en a sa définition personnelle.

Pour des associations comme « Offre-Joie » (lettre # 2) ou « Insan » (lettre # 7), le dialogue passe par des projets communs (reconstructions, éducation, chantiers) autour desquels se rassemblent des jeunes de confessions multiples.

Du coté des religieux le dialogue reste une volonté de convaincre. Montrer que l’islam est la religion de la vérité pour le cheikh Salim (lettre # 3), ou pour l’évêque  de Batroun, Mgr Saadé  (lettre # 6 ), faire du dialogue une mission de prêcher le Christ aux non-chrétiens.

Dans ce voyage, d’autres voix, d’autres définitions. Mgr Haddad, (lettre # 8) ancien évêque grec-catholique de Beyrouth qui croit « le dialogue interreligieux possible quand les hommes vont à l’Essentiel ». Salma Kojok  (lettre # 4) encore, qui pense qu’une convivialité réussie, débouchant sur une citoyenneté commune, repose sur la construction d’une « société laïque».

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Ici au Liban le dialogue (Hiwar en arabe) est ressenti comme un besoin, et ce mot est employé de plus en plus souvent par les politiques, qui, pourtant, ne l’appliquent que rarement. Certains, tel le chrétien Michel Aoun, en ont fait un pari : dialoguer avec les anciens ennemis, les Syriens et les religieux chiites du Hezbollah, au risque d’être rejeté par une partie des siens (lire les réactions dans la lettre # 9, pour constater combien le dialogue est difficile ici, même entre chrétiens).

Quant à l’écrivain Waddah Charara (lettre # 10) il  considère « le dialogue comme un  conflit assumé » : reconnaître ce qui nous oppose, les décalages et les différences qui nous éloignent les uns des autres, pour avancer ensemble, et malgré tout, vers le respect de la Vie. Au final, dans cette multitude de vues et d’opinion, chaque lecteur prendra ce que bon lui semble, ou pourra ajouter encore se propre définition.

A l’issue de ce mois de travail, je regrette de ne pas avoir pu réaliser entièrement le programme que je m’étais fixé. La rencontre manquée avec  le Patriarche maronite Mgr Sfeir. L’emploie du temps chargé du cardinal ne permettait la possibilité d’un rendez-vous que la semaine prochaine. Je n’ai pas également assuré le reportage prévu à l’université orthodoxe de Balamand, au nord du pays, un établissement pionnier en matière de dialogue entre musulmans et chrétiens.

Et puis le couple  islamo-chrétien dont je voulais parler,  ne correspondait pas à ce que je désirais. L’un et l’autre étaient indifférents à la foi, et la vie quotidienne ne leur posait aucun problème religieux. Regret aussi de ne pas avoir entendu sur le sujet un responsable de la communauté arménienne, nombreuse au Liban. Des Arméniens qui ont violemment manifesté la semaine dernière à Beyrouth contre l’accord de réconciliation avec la Turquie, signé récemment…

Ce sera pour la prochaine fois, lors de mon prochain voyage. Dans cette région du monde, frappée par des conflits permanents, le dialogue est capital. Et la question de bâtir une humanité commune, avec 18 confessions et la proximité de l’Etat d’Israël à sa frontière, reste primordiale.

Luc Balbont

18/10/2009

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