# 5 du Liban : Le nord veut la samba brésilienne… pas le sud

Invitée par le ministère libanais, une troupe de samba brésilienne de la culture s’est produite en cette fin du mois de septembre 2009, dans les principales villes libanaises. Pas toutes. Dans la ville de Tyr, à majorité musulmane (Liban sud), des dignitaires religieux ont fait annuler la fête, en exerçant une pression sur la municipalité, qui s’est finalement pliée à leur diktat. Le fait pourrait paraître anodin. On pourrait même en rire. Mais pour les défenseurs d’un Liban uni, il est perçu comme les prémisses d’une déchirure entre un Liban chrétien et un Liban musulman.  

adobe acrobat updates

Mercredi dernier, les danseuses et danseurs sud américain avaient défilé dans la rue principale de Batroun, ville à majorité chrétienne du Liban-nord, devant des milliers de Batrouniens. Couleurs chatoyantes, musiques entraînantes, danseurs magnifiques, rien d’offusquant pour tous ces gens venus, pour la plupart en famille, participer à la fête, heureux de découvrir un monde différent.

Deux jours plus tard, la même troupe était attendue à Tyr au sud, ou vivent une majorité de musulmans. Les habitants de cette ancienne cité phénicienne, bordée par la Mer Méditerranée, se faisaient, eux aussi, une joie d’accueillir le Brésil dans les rues de leur ville. Cinquante dignitaires musulmans ont gâché la fête. Faisant pression sur la municipalité, ils ont réussi à annuler le défilé. S’exprimant au nom des réfractaires, cheikh Ali Yassine a qualifié le spectacle « de pornographique, à l’encontre de l’éthique et des valeurs musulmanes. »

Que des religieux musulmans refusent ce qu’ils considèrent comme une exhibition provocante, il n’y a rien d’anormal. Ils ne font que leur travail de « veilleurs ». En revanche ce qui passe mal ici, sont les propos de Cheikh Yassine : « Tyr, a-t-il affirmé, est une ville de résistance (référence aux luttes menées par le hezbollah chiite contre Israël) qui a toujours été une ville musulmane conservatrice. » …. 

… « Ville musulmane ! », voilà un qualificatif qui met Wissam, hors de lui : «  Tyr est une ville libanaise avant tout. » s’emporte ce Beyrouthin de 42 ans,  rentré depuis trois ans dans son pays natal. « Moi qui ait vécu une quinzaine d’années en France, poursuit-il, je n’ai jamais entendu un de vos prêtres dire, que Lourdes était une ville chrétienne. » Wisssam ressent la sortie du cheikh « comme un avant goût de partition ». Deux Liban, et plus peut-être, une vraie tristesse pour lui.  

Luc Balbont

06/10/2009

3 Réponses pour “# 5 du Liban : Le nord veut la samba brésilienne… pas le sud”

  1. Redigé par Le blog des reporters de Pèlerin » Blog Archive » # 6 du Liban : Mgr Saadé estime le « dialogue religieux » avec les musulmans « impossible »:

    [...] « # 5 du Liban : Le nord veut la samba brésilienne… pas le sud [...]

  2. Redigé par mazars:

    on a cherché la famille Balbont dans la foule des spectateurs,sans succès….!
    on lit tes blogs mais cela reste confu pour nous pauvres chretiens

    bisous à vous trois

    josy et claude

  3. Redigé par frenchy:

    Le choc des cultures…

    de la même manière, je ne verrais pas une troupe de samba ou même un prêtre déjà arriver sur le sol saoudien

    l’acceptation de l’autre veut également signifier l’acceptation de ses limites