Jeudi 7 mai 2009, Amman, Jordanie

 

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En attendant Benoît XVI

 

Comme un retour aux sources, Rome, capitale mondiale de l’Eglise universelle, a rendez-vous avec Jérusalem, la cité où se sont rejoints, il y a de cela plus de deux mille ans,  l’Ancien et le Nouveau Testament. Mais auparavant, il y aura le détour obligé par la Jordanie, cette partie de la Terre sainte qui refuse d’être oubliée. Comme Paul VI et Jean-Paul II avant lui, le pape Benoît XVI a donc fait sienne la tradition qui veut que tout pèlerinage pontifical sur les lieux de l’Incarnation passe d’abord par Amman, première étape d’une visite qui le mènera jusqu’au vendredi 15 à travers la Jordanie, Israël et les Territoires palestiniens. Ce qui, entre parenthèse, signe le premier « record » de ce voyage puisque les prédécesseurs du Saint-Père n’avaient passé eux,  respectivement, que trois et six jours dans la région.

L'accréditation des journalistes

Au centre de presse d'Amman, l'accréditation des journalistes

 Cette fois, Benoît XVI foulera, trois journées durant, le sol jordanien (voir le programme). Un « événement » auquel les autorités semblent bien décider à donner le maximum de publicité tant il offre au pouvoir en place une visibilité inaccoutumée sur la scène internationale. Ainsi, pour l’occasion, les portraits du souverain Abdallah II qui ornent, à intervalles réguliers, les murs de la ville ont accepté de partager la vedette avec les fanions blanc et jaune aux  armes du Vatican qui flottent désormais sur les grandes artères de la cité. Une démonstration qui n’a pas l’air de heurter une population qui, bien qu’à 95 % musulmane, semble tirer, dans sa grande majorité, une certaine fierté de cette visite du chef des chrétiens. «  C’est un honneur pour nous de recevoir un personnage si important. C’est un homme de foi qui vient apporter un message d’espoir. Des mots que tous les hommes de bonne volonté ont envie d’entendre, quelle que soit leur religion », me confie, avec le peu d’anglais qu’il sait, Nidal, 46 ans, le chauffeur – musulman – qui me conduit à l’évêché de l’Eglise latine d’Amman, dans le quartier huppé d’Al Sweifieh. « La société jordanienne est une société paisible où musulmans et chrétiens savent vivre en bonne intelligence, me confirme – dans un Français parfait – le Père Kildani, chancelier de l’évêché. Tous les Jordaniens, sans distinction, regardent avec amour et respect le Saint-Siège et voient le pape comme un homme de justice et de paix. »

A l'évêché de l'Eglise latine d'Amman, les derniers préparatifs avant l'arrivée de Benoît XVI

A l'évêché de l'Eglise latine d'Amman, les derniers préparatifs avant l'arrivée de Benoît XVI

 

 

 

Trop beau pour être vrai ? Le Père Kildani ne manque pas d’arguments pour convaincre les circonspects. Par exemple, cette anecdote qu’il garde du précédent voyage de Jean-Paul II, en mars 2000.  »J’avais commenté la visite à la demande de la télévision nationale jordanienne et, deux ou trois semaines après, un commerçant musulman chez qui j’ai l’habitude d’acheter mon café m’accueille avec un grand sourire et m’interpelle ainsi : « Vous savez, j’ai tout suivi sur mon poste, mais ce n’est pas bien de dire que le pape, c’est le vôtre. C’est le pape de tous les hommes qui veulent la fraternité !  »», raconte-t-il. « Oublié, vraiment, la polémique née du discours de Ratisbonne qui avait enflammé le monde musulman ? », insiste le journaliste. Un épisode que mon interlocuteur balaye de la main pour signifier qu’il appartient désormais au passé. « Vous savez, les Jordaniens ne sont pas des fanatiques. Même  les Frères musulmans, qui représentent ici l’islam le plus radical et ont demandé des excuses publiques pour ses propos jugés insultant, ont renoncé au langage de la provocation pour un dialogue constructif. Je suis certain que l’immense majorité des Jordaniens auront à cœur d’accueillir  Benoît XVI aussi dignement qu’ils l’ont fait pour Jean-Paul II », soutient le Père Kildani.

 

Le Père Kildani montre les souvenirs laissés par le pape Jean-Paul II lors de son voyage en mars 2000

Le Père Kildani montre les souvenirs laissés par le pape Jean-Paul II lors de son voyage en mars 2000

Pour lors, à l’évêché, on s’active à régler les derniers détails malgré la fatigue et l’heure tardive. Dans un bureau, trois jeunes volontaires font et refont le compte des groupes attendus pour assister à la grande messe prévue, dimanche 10 mai, au stade international d’Amman : si l’addition est bonne quelque 25 000 personnes devraient assister à la célébration. Dans une autre pièce, Majdi Dayyat, responsable du Centre Notre-Dame de la paix, vérifie la liste des invités qui auront le privilège d’accompagner le pape dans sa visite. Sami Hanna, lui, met la dernière main à la décoration de la salle à manger où dînera le pape au soir de son arrivée. Dans l’armoire qui flanque l’un des murs, on a pieusement conservé l’assiette et la tasse à la café dont se servit Jean-Paul II lors de son passage. Une étagère est déjà prévue pour présenter les couverts qu’utilisera le tant attendu Benoît XVI.

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Le  programme jordanien 

Après la cérémonie de bienvenue à l’aéroport Reine Alia, prévue ce vendredi 8 mai, à 14 h 30 (heure locale), le pape doit en effet effectuer une première visite au Centre Notre-Dame de la paix - fondé en 2004 par le patriarcat latin de Jérusalem et géré par l’Eglise de Jordanie – pour s’occuper de l’accueil, des soins et de la réinsertion sociale des personnes handicapées. De là, il se rendra dans le quartier de Maqar où se trouve le palais royal Al-Hussein, résidence officielle des souverains jordaniens, pour une visite de courtoisie – c’est le terme diplomatique utilisé – à ses hôtes, le roi Abdallah II et son épouse, la reine Rania.

Le lendemain, samedi 9 mai, après une messe privée célébrée dès  7 h 15 dans la chapelle de la nonciature d’Amman, Benoît XVI se rendra à la basilique-mémorial du Mont Nebo, au sud d’Amman, promontoire d’où le patriarche Moïse aperçut la Terre promise sans pouvoir y pénétrer (Deutéronome 34, 1-5). De là, le pape ira à Madaba, l’antique Medba de la Bible, connue pour la splendide mosaïque byzantine qui orne l’église orthodoxe de Saint-Georges, représentation de la Palestine la plus ancienne connue à ce jour (VI siècle). Il devrait y bénir la première pierre de la future université catholique de Magdaba,  voulue par le patriarcat latin. Une heure plus tard, retour à Amman pour une visite du musée Hachémite et de la mosquée Al-Hussein Bin-Talal avant une rencontre avec les chefs religieux musulmans, le corps diplomatique et les recteurs d’universités jordaniennes. En fin d’après-midi, Benoît XVI célébrera les vêpres avec les prêtres, les diacres, les séminaristes, les consacrés et les mouvements ecclésiaux en la cathédrale grecque-melkique Saint-Georges de Amman.

Dans les rues d'Amman, le drapeau aux armes du Vatican

Dans les rues d'Amman, le drapeau aux armes du Vatican

 

Le grand événement populaire aura lieu le dimanche 10 mai au stade international d’Amman où sera célébré une messe où sont attendues quelque 25 000 personnes. La célébration sera suivie d’un déjeuner avec les patriarches et les évêques de Terre sainte. Puis le pape se rendra à Béthanie, sur le Jourdain, à la frontière entre Jordanie et Isarël, au lieu du baptême du Christ (Jean 1, 26-28 et Marc 1, 9-12) où le pape consacrera la première pierre d’une église latine et d’une église gréco-melkite.


Après une messe privée célébrée tôt le matin du lundi 11 et la cérémonie de congé à l’aéroport international d’Amman, Benoït XVI s’envolera à 10 h 30 (heure locale) pour Tel Aviv, en Israël, seconde partie de son voyage.

 

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08/05/2009

Une Réponse pour “Jeudi 7 mai 2009, Amman, Jordanie”

  1. Redigé par LEONARD Francis:

    Je suis très heuereux de profiter du travail remarquable d’Antoine D’Abbundo pour suivre aussi bien le voyage de notre Pape Benoit XVI. Nul, doute que je serai ainsi de tout coeur avec lui pour partager ses prières et sillonner les lieux saints.Merci !