Lettres du Liban – 14 janvier 2009

 Ce qui m’attire au Pays du Cèdre

balbontpar Luc Balbont

Dernier billet, derniers mots, demain je prends l’avion pour Paris. Vendredi, je retrouve le journal, les locaux de Bayard Presse, mes collègues, la France et ses problèmes politiques et sociaux.

Je reviendrai au Liban au printemps, cet été aussi et puis encore cet automne et cet hiver. Autant que je le pourrai. Depuis bientôt 20 ans, une partie de ma vie se passe ici. Pourquoi ? Qu’est-ce qui m’attire tant au Pays du Cèdre ? Au risque de vous paraître étrange, ce qui m’y fait revenir, c’est ce confessionnalisme, que pourtant j’exècre. 17 confessions se côtoient sur un territoire de 10.000 km 2 (la superficie d’un département français). 13 chrétiennes, 4 musulmanes, avec cette obsession d’y construire une citoyenneté commune. Jusqu’à présent, toutes les tentatives se sont soldées par des échecs. Depuis des siècles au Liban, chrétiens et musulmans s’affrontent régulièrement, s’ignorent au mieux. Et quand la mosquée et l’église ne guerroient plus l’une contre l’autre, ce sont les chrétiens qui se battent entre eux, ou les musulmans, (comme aujourd’hui les sunnites et les chiites) qui prennent le relais. Manipulations sataniques ? Humaines plus certainement ! Mais quelles sont ces mains qui, dans l’ombre, tirent les ficelles pour transformer les messages de paix des Livres saints et des prophètes en conflits meurtriers ? C’est toute l’histoire du monde et ses interrogations qui se répètent ici.

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En ce début de siècle, pour atténuer les effets des attentats du 11 septembre 2001, des guerres menées par l’Occident en Irak et en Afghanistan et du drame palestinien, les sages de ce monde appellent à un dialogue entre les cultures, les civilisations et les religions. Quel pays, mieux que le Liban, peut accueillir ces rendez-vous de l’humanité et contribuer à déjouer ce choc des civilisations que les augures du temps prophétisent ? Un espace d’autant plus propice, qu’Israël, Terre d’Abraham et des prophètes juifs, s’étend à la porte Sud. Pour moi, il est clair que ce n’est ni à la Mecque, ni au Vatican, encore moins à Pékin, à Moscou, à Bruxelles ou à Washington que se joue l’avenir de l’homme. Mais ici dans ce Liban qui me fascine.

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14/01/2009

4 Réponses pour “Lettres du Liban – 14 janvier 2009”

  1. Redigé par annick:

    Merci pour vos témoignages.

    Le Liban, une semence dans un vaste champ. Va-t-elle germer ?

    Pour nous croyant, nous pouvons dire : »Je crois en toi, mon Dieu » en ajoutant dans le même souffle: « Viens à notre secours ».

    Paix au Liban , paix aux hommes…

    Je vous souhaite de nombreux séjours remplis d’espérance dans votre « cher » Liban !

    Annick

  2. Redigé par mm:

    10452 km2 c’est la superficie du Liban..et nous avons 18 communauté pas 17 il y a toujours quelques centaines des juives Libanais qui habite au Liban (heureusement)!!Le Liban ce petit pays ou tout le monde peuvent vivre sans distinction de race de religion ni rien!!!
    Merci pour vos articles!

  3. Redigé par ana:

    juste une invitation à venir au clapier, si tu es là cette semaine. le gros gris n’est pas trés en forme.

  4. Redigé par YMP:

    A « MM » et à Luc Balbont, j’aimerais dire mon amour indéfectible pour le Liban (notre voiture en France porte, au-dessus de l’ICHTHUS, un petit drapeau libanais!).
    Mon rêve serait d’aller y finir mes jours auprès de mes enfants (mon fils et ma merveilleuse bru libanaise) et de mes petits-enfants (pour le moment, un petit-fils de 16 mois)…
    Mais… je suis handicapée, et mes enfants habitent un duplex aux 3ème et 4ème étages de leur petit immeuble résidentiel (superbe, avec du marbre partout… mais où l’eau manque souvent, car certains voisins la volent en détournant les tuyaux des citernes de nos enfants vers les leurs…); or, chaque jour l’électricité est coupée pendant quatre à six heures, et le « moteur », le générateur, ne fournit pas assez pour l’ascenseur (nombre de voisins ne voulant pas payer pour le « moteur », nos enfants et quelques autres paient pour l’ensemble de l’immeuble!); si vous rentrez avec votre bébé endormi dans les bras, vous devez le monter à pied; si vous avez fait des courses, vous devez les laisser dans le coffre de la voiture jusqu’au retour de l’électricité…
    « Ici, nous devons tout payer deux fois »… « This is Lebanon »… voilà le leit-motiv des libanais lorsque l’on fait la queue pour payer le téléphone, l’eau, l’électricité, une fois à l’Etat, une fois au privé (c’est souvent la même chose: la Compagnie Libanaise du Téléphone appartient à la famille Hariri; c’est donc, en principe, une compagnie privée; mais ses bureaux portent le drapeau libanais, et bénéficient d’une protection policière) et toujours en liquide: les chèques ne sont pas acceptés, encore moins les cartes de crédit; et n’allez pas demander de facture en règle: on vous donnera un vague morceau de papier, avec quelques chiffres griffonnés au crayon noir! Sans piston, rien… « This is Lebanon »… Un policier vous arrête pour « excès de vitesse »; pourtant, nulle part vous ne voyez de signalisation (et, même lorsqu’il y a encore des feux tricolores, ils ne doivent pas être respectés, sous peine de se faire emboutir par la voiture qui suit!); mais il suffit que vous lui tendiez votre passeport (pas forcément votre permis de conduire, car une forte proportion de libanais n’en ont pas, et une autre l’a acheté sans jamais suivre une leçon de conduite ni passer aucun examen; ne parlons pas d’assurance: combien de libanais ont eu leur vie et celle de toute leur famille brisée à la suite d’un accident de voiture avec un conducteur sans assurance et/ou sans permis!) ou un quelconque document, d’où dépasse un billet (des dollars, plutôt que des livres libanaise!)… et vous pouvez repartir!
    Mon époux ne se fait pas à cet Etat qui n’est pas de droit; nous pourrions écrire des tomes et des tomes d’ »aventures » qui nous ont ainsi arrivées, à nous qui ne vivons pas en touristes ou en journalistes, mais pas non plus en véritables libanais (mon accent en arabe me trahit !…)
    Mais nous sommes désormais en famille dans la belle-famille de notre fils, et c’est cela qui est merveilleux: nous retrouvons mille et une valeurs oubliées en France, une chaleur, une confiance, malgré les vicissitudes de la vie quotidienne… et surtout une Foi profonde et manifeste!
    Notre-Dame du Liban, Saints Maroun, Charbel, Elie, Georges, Bienheureux Hardini Nasrallah, Sainte Rafqa, protégez ce cher pays et ses habitants!