Assise : ils arrivent !

Assise, jeudi 27 octobre, basilique Sainte Marie des Anges – 9h30

Ce n’est pas la foule des grands jours en cette matinée brumeuse et froide. Et pourtant. Dans une demi-heure, le train en provenance du Vatican – la petite gare du pape a été remise en service pour l’occasion – est attendu en gare d’Assise.

Benoît XVI accompagné de 300 représentants de toutes les religions – dont 200 pour les religions non chrétiennes.

Accoudés aux barrières de sécurité, Barbara, 26 ans, et Stefano, 34 ans. Lui est juriste, elle employée dans un supermarché. Le couple est venu en avion du nord de la Sardaigne avec leur petit Francesco, 2 ans.

Le couples sarde avec leur petit Francesco. © S. Lieven

« Saint-François m’accompagne depuis l’enfance, dit Barbara. Je lui ai confié la naissance de notre enfant, nous lui avons donné son nom. Quant à Assise, c’est avant tout la ville de la paix. Alors quand nous avons appris que le pape y viendrait avec des responsables religieux du monde entier, nous n’avons pas hésité une seconde ! »

Robes safran, turbans, kippas, les premiers invités arrivent. Benoît XVI arrive en minibus. Simple ouvrier de la paix en « blanc » de travail, sans ornement liturgique puisque il ne s’agit pas d’une célébration. Petits pas précis et aériens jusque sur le perron de la basilique.

Le pape salue les cardinaux et accueille les membres de délégation un à un – musulmans, shintoïste, bouddhistes, Africains animistes – l’air grave et serein.

« Qui a dit que ce pape manquait d’ouverture ? », interroge Elisabetta, 50 ans, habitante d’Assise venue assister à la cérémonie, retransmise à l’extérieur sur grand écran.

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Les badauds suivent l'arrivée des délégations. © S. Lieven

La voix de Jean-Paul II résonne soudain. Retour 25 ans en arrière, sur fond de Mahler – les cuivres de la 5ème symphonie : en 1986, le pape avait vu les choses en grand lors de la première d'Assise ! Emotion palpable parmi les quelques centaines de pèlerins et de curieux rassemblés.

On suit sur l’écran un jeune Wojtyla déambulant dans les rues d’Assise entourés des principaux dignitaires religieux. « La paix a besoin d’être construite sur la justice, la liberté, la vérité et l’amour », scande la voix du défunt pape.

A Assise 1986 succèdent les images d’Assise 2002. Le pape apparaît défiguré par la maladie, mais le leitmotiv s’est renforcé. Entre ces deux dates, le mur de Berlin est tombé. Les terroristes ont eu raison des tours jumelles de New-York… Et nous voilà aujourd’hui, en 2011. L’urgence de la paix, toujours.

Chiara, 28 ans, est venue avec sa mère, Mariella, depuis Pérouse – la capitale régionale. « Par curiosité », confient-elles. « Le climat social en Italie n’a jamais été aussi difficile, poursuit Chiara. Les jeunes diplômés comme moi ne trouvent pas de travail et les étrangers sont la cibles de toutes les crispations. Même dans une petite ville comme Pérouse, les gens sont exaspérés par le chômage et la montée de la délinquance. Alors oui, cette rencontre est belle à regarder… Mais j’ai peine à la relier à ce que nous vivons aujourd’hui ».

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27/10/2011

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