lettrres du Liban – 6 janvier 2009

La France vue du Liban (suite)

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Un rendez-vous à Beyrouth avec mon amie Salma (une historienne chiite dont je vous parlerai prochainement) m’a obligé à prendre l’autoroute en début d’après-midi. Plus de deux heures pour couvrir les 40 km qui séparent Batroun de la capitale libanaise. Conduire ici, dans les embouteillages, est un combat. Les voitures vous coupent la route à tout moment. Des types vous doublent rageusement au volant de gros 4×4, le portable collé à l’oreille. Il faut se garder à droite comme à gauche. La loi du plus fort l’emporte à tous les coups.  Quant à trouver une place dans le quartier d’Amra où je retrouve Salma, voilà qui tient du miracle. Au Liban, on se gare en double ou triple file sans se soucier du voisin. Il faudrait que je rencontre au plus vite le ministre des Transports pour lui susurrer de penser à construire une ligne de tramway, reliant du nord au sud les principales villes libanaises de la côte, Tripoli – Beyrouth – Saïda. Ce ne serait pas un luxe. Et pendant que j’y suis, poursuivre « mes rencontres officielles »avec le ministre de l’Education nationale pour lui souffler à l’oreille, qu’il inscrive au programme scolaire des cours de code de la route, dès l’école primaire. Dans les périodes de paix, il n’est pas nécessaire que les Libanais se tuent sur la route. Non ?

Ce soir, je retrouve avec bonheur le calme de mon appartement à Batroun, face à la mer, entouré de montagnes. Vers 20 heures mon ami Elias passe. Au Liban, votre maison est une auberge espagnole, prête à accueillir à tout instant et à toute heure. Ici c’est la règle sociale. Elias, 60 ans, est médecin gastérologue, membre du Parti communiste libanais  (l’équivalent en France –sans trop d’ironie de ma part- du Parti de François Bayrou). Notre première rencontre remonte à 1993. Depuis, on a du se fâcher une bonne dizaine de fois à cause de divergences politiques, pour se réconcilier à chaque fois devant un verre d’arak.

Ce soir, Elias et moi, nous suivons sur LBC, la chaîne de télévision des Forces libanaises, le résumé des visites de Nicolas Sarkozy en Israël, en Syrie et au Liban. Passionné par la géopolitique proche-orientale et amoureux fou de son pays (il ne s’est jamais exilé, même au plus fort de la guerre civile entre 1975 et 1990), Elias commente : « Sarkozy est l’un des seuls homme d’Etat au monde qui peut se permettre de rendre visite dans la même journée au président syrien et au Premier ministre israélien. C’est grâce à son sens du compromis, qu’il est parvenu à débloquer le dialogue entre le Liban et la Syrie. Si depuis peu nous avons échangé pour la première fois depuis nos indépendances, des ambassadeurs syriens et libanais, c’est à lui que nous le devons, que tu le veuilles ou non. » Mi agacé, mi amusé, je réponds à Elias que c’est bien la première fois, moi aussi, que j’entends un communiste défendre Nicolas Sarkozy. Et nous nous resservons un verre d’Arak. Sacré Liban !

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06/01/2009

Une Réponse pour “lettrres du Liban – 6 janvier 2009”

  1. Redigé par nimbus76:

    En ma qualité de Français, je suis fort aise de lire que notre Président a la capacité indéniable du compromis en matière de politique étrangère. Comme je voudrais qu’il en soit de même en matière de politique intérieure! Là, ce n’est plus le sens du compromis, c’est plus du n’importe quoi, du dirigisme, voire de la dictature …et tout cela au nom d’un activisme obsessionnel qui veut prendre à contre pied l’immobilisme – pour ne pas dire plus- de son prédécesseur.