Khalil Jamil Darwish (musulman sunnite) : "Dieu transcende toutes les confessions"

Khalil Jamil Darwish, 80 ans,
musulman sunnite,
commerçant à Batroun (Nord-Liban),
veuf, trois enfants (dont un handicapé)

Qui est Dieu pour vous ?
Dieu est Celui qui m’accompagne. J’ai besoin de Le sentir proche. S’il n’avait pas été là, j’aurai certainement quitté Batroun, ma ville natale.

Entre 1975 et 1990, durant la guerre civile, où les milices, chrétiennes et musulmanes, s’entretuaient, notre mosquée a été détruite par les chrétiens majoritaires à 90% dans notre région.

Beaucoup de familles musulmanes ont émigré. Si je suis resté, je le dois à la confiance et à la force que Dieu m’a toujours donné.

Que vous apporte la foi ?
Croire c’est craindre Dieu.  Craindre de le perdre, et finir par faire n’importe quoi, car sans Lui, nous sommes capables du pire. Je n’ai jamais douté, même lors de la mort de trois de mes enfants.

J’accepte la volonté de mon Créateur. Il me suffit de regarder autour de moi, pour comprendre que mon existence n’est pas le fruit de la science.

Comment priez vous ?
Je prie, chaque vendredi à la mosquée, mais je peux aussi prier dans une église lorsque je suis invité à un mariage, à un baptême ou durant la messe d’enterrement d’un ami chrétien.

L'Église c’est aussi la maison de Dieu. Je n’ai aucun problème pour y rentrer et m’y recueillir. Dieu n’est ni chrétien, ni musulman, Il transcende toutes les confessions.

Chrétiens et musulmans peuvent-ils vivre ensemble dans un Liban uni ?
J’ai énormément d’amis chrétiens. Madeleine, qui me seconde dans mon magasin est chrétienne. En 1982, j’ai été élu maire adjoint de Batroun, grâce aux électeurs chrétiens.

Je suis resté en place jusqu’en 2000. C’est bien la preuve que nous pouvons vivre et travailler ensemble.

Recueilli par Luc Balbont/Pèlerin

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01/06/2011

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