Un autre Maroc 7/8 : à Marrakech, retour au Maroc des cartes postales

Carnet de reportage : un autre Maroc. 6ème jour. S’il est un lieu qui symbolise le Maroc des cartes postales, c’est bien la Jamaah al Fna, la grande place de Marrakech.

Dès 19 heures passées, les touristes convergent vers cet immense carré, véritable spectacle vivant, qui concrétise tous les clichés. Danseurs, conteurs, charmeurs de serpents quémandent un ou deux dirhams, pour se faire prendre en photo.

Ici, rien n’est gratuit. Dans le soukh les marchands haranguent les clients, et devant les cafés les rabatteurs tentent d’attirer les consommateurs européens.

Rien à voir avec le Maroc des villages que nous venons de visiter. Deux pays sur un même territoire. Ici, dans les grands hôtels, on sert discrètement de l’alcool, et les « professionnelles du plaisir tarifient leurs caresses ».

Dans les boîtes de nuit, les jeunes filles et les garçons de la bourgeoisie marocaine oublient les pesanteurs de la société arabo-musulmane, en s’étourdissant aux sons des succès du disco international.

Durant une semaine, avec le groupe, nous avons eu la chance de nous confronter avec le Maroc rural. Aujourd’hui, ce Maroc que nous voyons dans la nuit de Marrakech, c’est celui que découvre la majorité des gens. Ils repartent en Europe avec l’image d’un pays qui se développe et se modernise.

Ce soir, sur la grande place Jamaah al Fna, je rencontre Abdel, chauffeur livreur dans une entreprise de matériaux de construction. Il gagne 2000 dirhams par mois (200 euros environ). Une somme avec laquelle, il ne parvient pas à faire vivre sa famille de quatre enfants.

Pour gonfler son maigre salaire, Abdel travaille tous les soirs dans un magasin de souvenirs, où il est payé à la commission. 300 à 400 dirhams par mois (30 à 40 euros) de plus, ça permet de joindre les deux bouts.

Laïc, progressiste, Abdel avoue comprendre les islamistes, car, dit-il « Ils dénoncent les fléaux du pays : la corruption, les injustices, le mépris des riches envers nous. Le roi est entouré de sangsues qui nous saignent.

Les Marocains sont patients, jusqu’au jour, où lassés ils feront exploser le pays » prophétise Abdel.

Contacts

Au Maroc : « TIZI-Randonnées » et « Sodev »– 46, avenue Moulay Abderrrahman N°1 Kénitra Maroc – Tél 00 212 5 37 37 53 54 begin_of_the_skype_highlighting 00 212 5 37 37 53 54 end_of_the_skype_highlighting
E-mail : tizirando@hotmail.com

En France : CCFD-Terre Solidaire (Comité catholique contre la faim et pour le développement) 4, rue Jean Lantier 750021 Paris – Tél 01 44 82 80 00. A lire : le dossier tourisme solidaire sur le site du CCFD.

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De notre envoyé spécial Luc Balbont

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12/12/2010

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