Un autre Maroc 5/8 : Boukhalfa, le village qui renaît

Carnet de reportage : un autre Maroc. 4ème jour. Boukhalfa, un bled du bout du monde. Dénué de tout. Les murs des maisons auraient du mal a résister à un vent de forte tempête. Heureusement, dans cette région du sud, aux portes du désert, la douceur du climat épargne la fragilité des habitations.

Les rues du village sont en terre battue. Pas d’éclairage public. Le soir, les «couches tard »ont recours à la lampe de poche, pour rentrer chez eux.

Ghazi m’assure pourtant que le village n’a rien à voir avec ce qu’il était il y a encore six ans, lorsque son association (la Sodev) a commencé à investir dans une coopérative agricole.

Une structure collective qui fait vivre aujourd’hui 1800 personnes. 326 hectares de bonnes terres réparties entre les habitants de Boukhalfa, Guelfoud et Mis karma qui se partagent les dividendes.

Un puits a été financé. Il fournit de l’eau à 118 foyers, et alimente des canaux d’irrigation construits par les villageois. En 2009, 60.000 tonnes de fruits ont été récoltés et exportés vers les grandes villes du pays. Une ressource qui améliore les conditions de vie.

Pour faciliter le transport, les villageois ont ouvert un réseau de 1,7 km de chemins carrossables, qui traversent l’exploitation. « Chaque famille a apporté sa contribution pécuniaire. Ceux qui ne pouvaient pas payer ont participé aux travaux, en donnant de leur temps.

Dans les années qui viennent, la coopérative prévoit d’ouvrir une usine de confiture et un élevage de lapins », explique Mohammed. Michel, le Bourguignon écoute. Il n’en revient pas : « quelle solidarité ! En France, nous pourrions prendre modèle. »

Ce dynamisme retrouvé déteint sur les plus jeunes. A Boukhalfa, Rachid, Djamel et trois de leurs copains ont eu l’idée faire revivre la mémoire du village. Ils ont restauré une vieille maison en ruines, et y ont installé un petit musée. A l’intérieur ils exposent des documents communaux, des outils agricoles, des ustensiles, des habits traditionnels, autant d’objets qui retracent l’histoire de leur village.

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Un écomusée inattendu dans cet endroit perdu, où il y a peu encore, les jeunes pensaient plutôt à émigrer vers les grandes villes du Maroc et d’Europe, plutôt que de réaliser des projets sur place. Mais les mentalités changent, et les jeunes générations prennent peu à peu conscience, qu’émigrer n’est plus la solution. Par la télévision, par le satellite, par le câble et le net, ils savent que l’Occident est en crise, et que les travailleurs étrangers ne sont plus les bienvenus.

A Boukhalfa, Rachid, Djamal et leurs amis aimeraient développer leur petit musée, en faire un centre culturel, ouvert à toute la jeunesse de la région. Y ouvrir un café, une bibliothèque, et pourquoi pas, une salle de cinéma et de conférences.

A Boukhalfa, les ado rêvent. Cela les fait vivre. En sortant de la visite, Pierre le Marseillais remarque : « Ici ou chez nous, quand on sait d’où l’on vient, on envisage plus facilement l’avenir. »

Contacts

Au Maroc : « TIZI-Randonnées » et « Sodev »– 46, avenue Moulay Abderrrahman N°1 Kénitra Maroc – Tél 00 212 5 37 37 53 54
E-mail : tizirando@hotmail.com

En France : CCFD-Terre Solidaire (Comité catholique contre la faim et pour le développement) 4, rue Jean Lantier 750021 Paris – Tél 01 44 82 80 00. A lire : le dossier tourisme solidaire sur le site du CCFD.

De notre envoyé spécial Luc Balbont

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10/12/2010

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