Le patriarche Boutros Nasrallah Sfeir reçoit Pèlerin

Du 10 au 24 octobre, le pape Benoît XVI convoquera un synode sur l’Église au Proche-Orient, répondant ainsi aux attentes des catholiques orientaux, inquiets, entre autres, de la montée du fondamentalisme musulman. Patriarche maronite depuis 1986 (une Église orientale rattachée à Rome), Mgr Sfeir, qui participera à cette assemblée, a reçu Pèlerin dans son patriarcat de Bkerké (ou Bkerqué), au nord de Beyrouth, pour confier ce qu’il attendait de ce rendez-vous.

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Pourquoi les responsables des Églises catholiques d’Orient ont-elles appelé le pape à réunir ce synode, une première au Proche-Orient ?

Les guerres en Irak, en Palestine, la dégradation des conditions de vie et cette crise qui frappe encore plus durement nos régions provoquent une émigration massive des chrétiens. À cette perte humaine, s’ajoute la montée du fondamentalisme musulman qui se développe depuis les années 1980. Un danger qui menace tous les chrétiens d’Orient

Même au Liban ?

Les chrétiens libanais sont encore nombreux (40 % environ de le population), et ils possèdent encore du pouvoir, contrairement à ceux des pays voisins, mais ils ne vivent plus aussi sereinement que dans les années 1970. Ils sont désunis, tiraillés entre le pouvoir et l’opposition. Et les immixtions des puissances étrangères (occidentales, syriennes, iraniennes, saoudiennes) dans la politique libanaise les fragilisent davantage.

La montée de l’extrémisme musulman préoccupe les évêques d’Orient. Quelles sont les raisons de son expansion ?

Les extrémistes musulmans nous qualifient d’agents de l’Occident, et pensent que nous sommes les alliés des Occidentaux et des Américains, qui occupent l’Irak et l’Afghanistan, et qui soutiennent aussi Israël contre les Palestiniens. Au Liban, un député du Hezbollah a récemment déclaré que les Libanais, détenteurs de passeports européens devaient être considérés comme des espions israéliens

Le Hezbollah (NDLR : mouvement intégriste de l’islam chiite, pro-iranien) représente-t-il un danger pour le Liban ?

Le Hezbollah détient des armes qu’il refuse de déposer. Il peut utiliser son arsenal à tout moment. Il représente une force plus puissante que notre armée. Nous ne savons pas ce qu’il manigance.

Certains chrétiens libanais affirment pourtant que le Hezbollah est un parti comme les autres…

Il n’en reste pas moins que c’est un parti endoctriné par l’Iran et manipulé par  la Syrie.

Autre dossier qui sera évoqué au synode d’octobre : le dialogue avec les musulmans. Peut-on réellement dialoguer avec l’Islam ?

Oui ! Les musulmans ne sont pas tous intégristes. Même si le dialogue devient plus difficile lorsqu’on aborde la théologie.

La laïcité pourrait faciliter ce dialogue ?

Une laïcité à la française, où les citoyens sont détachés de leur religion, est impossible au Liban. Les chrétiens libanais restent attachés à leur foi. Et pour les musulmans, la laïcité n’est absolument pas envisageable. L’Islam laïc n’existe pas.

Qu’attendez-vous de ce synode ?

Une affirmation de notre foi et une attitude commune pour faire face aux dangers qui nous menacent.

Recueilli par Luc Balbont

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17/03/2010

Une Réponse pour “Le patriarche Boutros Nasrallah Sfeir reçoit Pèlerin”

  1. Redigé par Liban V : Bkerqué, le royaume des maronites | Le blog des reporters de Pèlerin:

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